Patrick MIARA propose "Une fiction géologique" dans la programmation officielle de la Quinzaine Photographique Nantaise.
Patrick MIARA est un photographe nantais connu dans le monde de l'architecture pour son parti prix de l'épure.
Comme un piège.
Une falaise, la mer, une lumière grise et douce, on pense voir une photographie de bord de mer, taillée dans le vent et le sel, sauf que cette image est un paysage fabriqué.
Un faux.
Ce paysage n’existe pas. Il a été envisagé par l’artiste, morceau après morceau, espéré par lui comme un rêve précis.
Une réalité inventée.
Le photographe travaille comme un sculpteur. Il part de plusieurs images, des prélèvements effectués, des fragments de paysage, et il assemble, il taille, il superpose. Tout est recomposé, patiemment tordu, couche après couche. Il construit un décor qui a l’air vrai, une image qui semble naturelle mais ne l’est jamais totalement.
C’est cette sensation de presque, ce décalage subtil, qui interpelle, qui intrigue. On ne sait pas si c’est la lumière trop douce, le silence trop dense, ou cette roche qui brille, comme vivante. Il y a un trouble, un doute. Et c’est là que l’image commence à parler.
Puis il y a le tirage. Pas du noir et blanc classique. Ici, les noirs accrochent la lumière. Ils virent au métal, au graphite, à l’argent. Le papier, le grain, le traitement, tout est pensé pour qu’on ait l’impression que la roche respire.
Ce que nous donne à voir le photographe est une fiction géologique. Un paysage mental, solide et instable à la fois… mais peut-être plus proche de notre rapport au monde qu’un cliché pris sur le vif.