Nu de dos


Sténopé (60 X 40)

tirage sur Dibon en 3 exemplaires

Nu sur table


sténopé (60 X 40 )

tirage sur dibon en 3 exemplaires

l'ange de Pommeraye


Sténopé (60 X 40)

tirage sur dibon en 3 exemplaires

Marie Sophie dans la bergère


Sténopé (60 X 40 )

Livre artistique


Bruno DUMAS ne peut s'empecher de dessiner, surtout dans des livres. Alors il a commencé sur les pages blanches et dans les marges. Et puis il a osé de partout entre les lignes et sur les mots. Parfois en délicatesse et puis d'un coup son dessin efface le mot, il s'impose. APPORTEZ NOUS VOTRE LIVRE DE POCHE OU EDITION RARE ET ACCEPTEZ QUE BRUNO DUMAS LE TRANSFORME EN LIVRE ARTISTIQUE ET UNIQUE

La liseuse


Huile sur toile (145 X 115)

je t'efface dans la pierre


sténopé

Bruno Dumas


Nantes - peinture dessin sténopé


une très belle source de son inspiration http://www.espritsnomades.com/artsplastiques/sudek/sudek.html

Hasard objectif
Bruno Dumas vit depuis quelques temps dans un décor de manèges et de peupliers vivants. Le boîtier sous le bras, il choisit son lieu et son sujet, pose la valise, dresse doucement le trépied – et attend. Ce que savent les photographes, toujours dans les antichambres, en tension vers la scène. Le sténopé ouvert – avec ce geste délicat du danseur qui écarte son bras un peu arrondi vers l'intérieur, le regard fixé sur un point de rotation devant lui – il se passe ce qui passe dans les yeux des enfants et des chats qui découvrent pour la première fois l'autre bout du
jardin : la réception objective. Rien n'est certain dans l'émerveillement : à la décision du cadre vient s'opposer l'arbitraire d'une impression, le défilé des nuages ou le bougé du modèle.
Le sténopé, sensible à toute modification, vit dans une séquence de temps très longue, dans une temporalité d'époque, qui n'appartient qu'à lui. Noir et petit sur son support, il mange doucement ce qui se trouve devant lui, à quoi on ne peut rien changer. Il faut les laisser faire, lui et le hasard du monde, et rêver discrètement l'image argentique qui se fabrique sur le quatrième côté, à l'envers de l'endroit, pendant qu'on regarde le ciel, pour ne pas déranger.
D'ailleurs on fait silence, quelque chose s'imprime et devient tout au fond, chimie voulue mais libre.
On voit passer des figures anciennes venues de l'antiquité de l'image, vieilles baronnes figés par des supports métalliques, enfants perdus sous la torture de l'immobilité. Aujourd'hui Bruno saisit les fantômes, les transparences du temps, les corps tremblants, les fontaines, les escaliers et le murmure des marais salants. Et s'émerveille comme un biologiste qui cultive un milieu. Du sténopé, c'est beaucoup dire qu'il photographie : il laisse entrer, ce qui n'est pas si mal, les peaux photophores (autres pellicules), mais aussi la mélancolie, l'existence des magies passées, et les oeufs de passage. Il sait capter les figures de hasard situées entre le photographe, la chambre et le sujet, il incarne une volonté fixe dans une confusion de possibilités. Il est obstiné et patient comme un phare. Une fois devant lui, il est interdit de bouger. Mais c'est qu'on ne fait pas ce qu'on veut et parfois c'est la pièce qui bouge, le vent, la tristesse d'un moment, la joie puissante aussitôt après, les corps émetteurs de lumière, il prend tout.
L'univers d'argentique ne se re-touche pas : la caresse a déjà eu lieu. La révélation sera ce qu'elle est (on a le sens du sacré) et de même qu'on faisait entrer librement l'infini dans le cadre choisi, celui qui donne le bain s'interdit(décidément) toute intervention. Le tirage sera livré brut avec ses bordures, ses minutes condensées et vivantes, ses lavis de surprises, l'errance des chimies de surface et une empreinte rouge du doigt, celle du témoin. C'est la signature du contrat d'indépendance, avant le départ de l'image vers d'autres murs. Le sacrifice a eu lieu. Il faut continuer d'arpenter le jardin, les bois, les villes, et laisser faire le hasard objectif d'une conversation avec le modèle. Ce n'est pas facile, le départ d'une image. Mais Bruno Dumas vit depuis quelques temps dans un décor de manèges et de peupliers vivants.
Luc Vigier