Papier 082


Collage, papier soie, encre (73,5 X 61)

1991 450€

Papier collé 005


Collage, papier soie, encre (50 X 75)

1991 450€

Papier collé 135


Collage, kraft, email à froid, acrylique (72 X 50)

1995 450€

Papier collé 178


Collage, papier , tissu, acier, silicone, crayon de bois, acrylique, papier soie, scotch, kraft (113 X 78)

2008 680 encadré

Papier collé 071


Collage, papier soie, kraft, émail à froid, acrylique (75 X 110)

1994 450€

Sans Titre


Gravure (53,5 X 43,5)

Numérotation 1/14 1988 140€ sans cadre

Sans Titre


Gravure (53,5 X 43,5)

Numérotation 7/20 1987 140€ sans cadre

Sans Titre


Gravure (42,5 X 32,5)

Numérotation 7/15 1987 120€ sans cadre

Sans Titre


Gravure (32,5 X 42,5)

Numérotation 13/20 1988 120€ sans cadre

Sans Titre


Gravure (53,5 X 43,5)

Numérotation 8/15 1988 140€ sans cadre

Sans Titre


Gravure (41,5 X 31,5)

Numérotation 5/15 1987 120€ sans cadre

Sans Titre


Gravure (41,5 X 31,5)

Numérotation 6/15 1987 120€ sans cadre

Jean-Paul Friol

(1948 - 2011)

Peintre


Un monde de passion: peinture, vin, musique, tous les sens de manière exacerbée ...

Jean-Paul Friol est né le 12 septembre 1948 à Paris dans une famille modeste. Il est le benjamin et le seul garçon d’une fratrie de trois enfants. Ses parents, férus de culture et d’art, le familiarise à la peinture, la sculpture la littérature. A l’âge de neuf ans il réalise sa première oeuvre en marqueterie, l’ile de Ré, revisitée par des masses colorées.
L’art étant toutefois considéré comme un loisir et non comme un métier, sa mère l’oriente et le conditionne à faire des études de médecine. Il se spécialisera en chirurgie de la main, et partagera sa vie entre ces deux amours, la science et l’art.

Autodidacte, figuration et abstraction classiques sont d’abord ses domaines de prédilection. Il explore couleur, lumière et matière sous toutes leurs formes, dans un style naïf et « trash ». Il travaille sans cesse, explorant tous les matériaux avec jubilation. Sa rencontre avec Alain Mancel et Jules Paressant vont lui apporter une confrontation riche d’échanges créatifs.

Il va dès lors s’adonner à une conséquente production de gravures au milieu des années 80.
Tout est prétexte à servir cette technique artistique du transfert qui utilise l’incision et l’encrage pour produire une image : anatomie, famille, animaux, pierres précieuses, paysages… Ces épreuves sont majoritairement réalisées en noir et blanc, il s’efforce de travailler conjointement la luminosité du noir et blanc, le contraste des formes et les jeux d’équilibre, générant mouvement et rythme intemporel.
Cette période sera ponctuée par l'expérimentation d'un nouveau matériau : le ciment colle, qu'il travaillera jusqu'à la fin.

Son émancipation artistique et son autonomie vont débuter au début des années 90 avec ses collages et les combinaisons d'éléments divers. En effet il cherche de nouvelles sensations. Sur des papiers, il mélange peinture, dessin, pigments naturels, colle, encre de chine, papiers de soie, bouts de caoutchouc usagés, plumes d’oiseaux sales, bouts de tissus, raffia, tapisserie, morceaux de verre cassés, os de mâchoire animale, morceau de fer rouillé, carton, bois (…), éléments qu’il ramasse au grès de ces déplacements, dans les rues. Selon des jeux de brillances et de transparences, y mêlant parfois des mots, il agence indéfiniment ses dernières trouvailles.

L’oeil qui voit tout, prélève et collectionne ces petits « rien » du quotidien afin de leur redonner une vie au sein de ces compositions et de créer une interaction : « je n’arrive pas à faire un tableau en utilisant seulement de la peinture, j’ai souvent l’impression que c’est le matériau qui commande ». Chaque oeuvre retrace une histoire à partir de ces éléments de récupération « tous les objets que j’intègre dans mes tableaux ont histoire. Et même si je suis le seul à la connaitre, ce n’est pas l’important puisqu’ainsi je leur donne une nouvelle existence ». Jean- Paul incarne ainsi l’enfant qui se joue d’un modelage esthétique en mélangeant toutes ces matières, textures et anecdotes afin de générer superposition, couches, rythme, poésie et de permettre une unité dans la multiplicité. «Quand je fais du collage c’est un peu comme si j’écrivais de la poésie ».

Dans ces rencontres de matériaux insolites, celui qui va l’inspirer et ne plus le quitter est la canette de coca écrasée, il va les ramasser de façon systématique et compulsive, pour les intégrer à certaines compositions et va leur dédier une place à part en les isolant afin d’en créer des oeuvres figuratives, colorées et autonomes. Les canettes deviennent des personnages variés, les visages se transforment en masques aux grands yeux et cils minutieusement maquillés, aux bouches pulpeuses et habillés de formes géométriques, avec un style naïf, peintes à l’émail à froid. L’utilisation de l’émail à froid et des pigments purs vont l’obliger à inventer une technique particulière: il les présente entre 2 plaques de verre, dans des compositions savamment organisées, pour leur conserver l’éclat maximum de couleur.
Dans cette même période, qui correspond à la dernière partie de son œuvre, Jean-Paul va expérimenter le ciment, le béton et les plaques de métal sur toile. Ce travail s’apparente à un relevé d’empreintes ou fouilles archéologiques. Couleurs pures et matières brutes se fréquentent sur la toile, les aplats de béton granuleux deviennent parfois des monochromes dont les fragments révèlent la lumière de l’ombre, incorporant des matériaux patinés et érodés par le temps. La recherche des matières brutes ou mélangées avec des pigments purs, les contradictions de l’opaque et du rugueux et des morceaux de miroirs brisés incrustés et collés comme pour ouvrir sur le monde.
Ces oeuvres tendent à donner du toucher au regard, permettent de réinterpréter le quotidien, de matérialiser sa réalité.

« Je prends un réel plaisir à travailler ces matériaux, il faut aller vite et ne jamais se répéter. »

Pauline Friol